Tropical beach

J’aurais voulu emporter des bottes pour les berges boueuses du Thouaret, ça m’aurait évité la galère

Au bord du Thouaret, la boue a collé à mes baskets basses dès le premier pas. Depuis ma banlieue de Nice, je suis partie deux jours dans la Vienne pour longer les berges après une pluie de la veille. J’avais un doute sur ce terrain, mais je me suis quand même lancée. J'ai perdu 47 euros dans cette histoire, et j'étais sûre de moi avant de comprendre mon erreur. Je pensais juste marcher tranquillement, pas lutter contre une berge qui collait aux semelles.

Le jour où j’ai senti l’eau glacée envahir mes chaussures dès le premier pas

Le premier pas hors du chemin sec a tout changé. J'ai senti l'eau glacée remonter dans la toile de mes baskets, puis le froid s'est installé sous mes orteils. Je suis partie avec l'idée bête que la berge serait juste un peu humide. À la place, je me suis retrouvée dans un bord gras, avec le ventre serré et la honte d'avoir sous-estimé le Thouaret.

J'avais une paire de baskets basses, semelles déjà un peu lissées, et un coupe-vent léger dans le sac. Mon travail de Rédactrice spécialisée en voyage nature et activités outdoor pour magazine en ligne m'a appris bien des choses sur les itinéraires balisés, mais ce matin-là j'ai regardé le ciel au lieu de regarder la terre. Après la pluie, l'herbe paraissait brillante, pourtant j'étais sûre de moi. Je me suis retrouvée à avancer avec des chaussures qui prenaient l'eau par le dessus, comme si le terrain avait décidé de me rappeler la règle la plus simple.

Le signal que j'ai ignoré, c'est la berge qui s'affaissait sous mon poids. Le bruit de succion quand je retirais le pied de la berge, c’était comme si la terre elle-même refusait de me lâcher. J'ai fini par avancer par petits à-coups, avec des paquets de terre sous les semelles et cette sensation de ventouse qui m'arrachait presque la cheville à chaque pas. J'ai été frappée par le silence autour, parce que tout mon bruit venait de mes chaussures.

Au troisième pas, j’ai senti l’eau passer par-dessus le bord de la basket, froide et brune, et tremper directement la chaussette. J’ai voulu reculer vers le chemin sec, mais le talon a dérapé sur la terre grasse et je me suis rattrapée à une branche basse, couverte de boue elle aussi. J’ai regardé mes mains, mes manches, mes lacets déjà noirs, et j’ai compris que la matinée était fichue. J’aurais pu faire demi-tour tout de suite ; au lieu de ça, têtue, j’ai voulu pousser encore deux cents mètres, et chaque pas a aggravé l’état de mes pieds. À chaque appui, un petit jet d’eau sale remontait entre mes orteils, et j’entendais ce bruit de succion sous la semelle qui ne me lâchait plus. J’ai fini par m’arrêter sur une souche, vider mes baskets en les retournant, essorer mes chaussettes à la main, puis renoncer pour de bon.

Comment mes baskets basses ont ruiné ma sortie et mon moral

En moins de 9 minutes, mes pieds étaient trempés. Le froid a grimpé jusqu'aux chevilles, puis il a alourdi chaque pas. Je me suis sentie lourde, raide, presque grincheuse, alors que le sentier était joli et que l'eau filait tout près. La balade a perdu sa légèreté d'un coup, et j'ai commencé à compter les mètres au lieu de regarder la rive.

Mes baskets ont bu l'eau marron, mes chaussettes ont collé à la peau, et le coffre de la voiture a pris une drôle d'odeur de terre humide. Je suis rentrée avec la boue sur le tapis, un fond de saleté dans le coffre et des lacets imbibés jusqu'au nœud. J'ai dû laver mes chaussettes trois fois avant de faire partir l'odeur. J'ai passé plus de temps à essayer de sauver mes chaussures qu'à profiter du paysage, et ça, c'est un vrai gâchis.

La sortie a tourné court après 28 minutes. J'ai fait 3 km de détour pour rejoindre un passage moins gras, puis j'ai fini par lever le camp. Je suis rentrée trop tôt, avec le moral à plat, alors que je m'étais déplacée pour une marche simple et courte. Le pire, ce n'est pas seulement le froid, c'est ce sentiment d'avoir laissé une balade correcte se transformer en corvée.

Ce que j’aurais dû vérifier avant de partir et pourquoi les bottes sont indispensables au Thouaret

Le piège, c'est que le sol semblait presque correct au départ. La terre noire avait juste l'air humide, et l'herbe brillait sous la pluie. Le chemin donnait l'impression de tenir sous la semelle. À mesure que je me rapprochais de l'eau, le bord se dérobait, puis la couche spongieuse s'enfonçait sous mon poids. Depuis 8 ans dans mon travail de rédactrice spécialisée en voyage nature et activités outdoor pour magazine en ligne, je sais que ce genre de décor ment à l'œil. Je l'ai appris à mes dépens.

  • herbe brillante d'humidité qui cache un sol spongieux
  • zones où la berge s'effrite sous le poids
  • traces de boue fraîche sur quelques mètres
  • sensation de ventouse sous la semelle
  • absence de vrai chemin sec au ras de l'eau

Les bottes hautes m'auraient évité cette hésitation permanente. Elles auraient gardé l'eau dehors, elles auraient mieux pris la boue, et elles m'auraient laissé longer la berge sans regarder chaque appui comme si j'allais tomber à chaque pas. Le nettoyage aurait été une affaire de jet d'eau, pas de brosse et d'éponge fatiguée. Sur ce terrain, les chaussures basses ne protègent ni contre la boue ni contre l'eau qui remonte par le dessus.

Ce que je fais aujourd’hui pour ne plus me retrouver les pieds trempés au Thouaret

Quand je repars marcher près d'une berge après une pluie, je glisse une paire de bottes dans le coffre et une paire de rechange dans un sac étanche. Je voyage seule, et cette place en plus ne me gêne plus du tout. Je garde aussi une vieille serviette dans la voiture, parce qu'un plancher de coffre humide m'a déjà gâchée une fin de journée. Cette manie est née de cette sortie, pas d'un grand principe.

Mes années sur les sentiers m’ont appris à regarder le terrain avant de me laisser guider par l’envie de suivre l’eau. Mon expérience et l’habitude du sentier rappellent, chacune à sa manière, que le sol et l’équipement pèsent lourd dans le déroulé d’une sortie. J'ai compris la même chose sur le Thouaret, quand l'herbe brillante et la terre noire m'ont menti d'un seul regard. J’ai fini par trouver plus simple d’accepter qu’un bord de rivière ne se laisse pas toujours approcher en baskets.

Je reste prudente sur la partie froid intense, parce que ce n'est pas mon terrain médical. Si le froid avait duré ou si la sensation dans mes pieds avait changé franchement, j'aurais laissé ça à un professionnel de santé. Mon métier de rédactrice spécialisée en voyage nature et activités outdoor pour magazine en ligne m'apprend aussi à rester à ma place, même après des années à écrire sur les séjours dehors. Là, sur la berge, la limite était nette.

Si j'avais su qu'au Thouaret des baskets basses laissaient passer l'eau et la boue en quelques minutes, je n'aurais pas payé 47 euros pour finir avec du linge humide et un coffre sale. Mon verdict est simple : pour quelqu'un qui accepte de suivre une rive seulement quand le terrain est sec, la balade garde du charme, mais sans bottes hautes elle laisse surtout un regret net. J'aurais voulu connaître ce piège avant de quitter le chemin stable et de me battre avec une terre noire qui collait à tout.

Elowen Marceau

Elowen Marceau publie sur le magazine La Kanöpée des contenus consacrés au voyage, au camping et au plein air. Elle s’intéresse aux activités à découvrir, aux repères pratiques pour préparer un séjour et aux expériences nature utiles à mieux comprendre avant de partir. Son approche repose sur la clarté, la structuration des informations et une logique éditoriale pensée pour aider le lecteur à faire des choix plus simples et plus éclairés.

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