Depuis la banlieue de Nice, je suis partie quatre nuits en Camargue, près de l’étang du Vaccarès, avec un R3 d’un côté et un R4 de l’autre. L’herbe mouillée collait sous mes semelles, et la toile avait déjà perdu sa chaleur quand j’ai posé le premier matelas. En tant que rédactrice spécialisée en voyage nature et activités outdoor pour magazine en ligne, j’ai voulu vérifier si la première nuit vraiment correcte sur le R3 tenait jusqu’au matin.
Comment j’ai organisé ces quatre nuits pour ne rien laisser au hasard
J’ai choisi une prairie sèche, en herbe rase, et une bande humide à quelques dizaines de mètres du canal. Sur la prairie, le sol rendait presque rien au toucher, tandis que la zone humide gardait la fraîcheur du matin et une buée fine sur les brins. On vit à deux, mon compagnon et moi, et j’ai noté la différence dès le coucher, parce que la terre ne renvoyait pas la même sensation sous mes genoux.
J’ai alterné R3 et R4 sur quatre nuits, en gardant la même heure d’extinction, 22 h 40, la même tenue légère, le même sac de couchage et la même place sous la tente. Au réveil, j’ai noté la température de surface, l’humidité du dessous et la pression de gonflage, puis j’ai refait le lit dans le même ordre. Je me suis appuyée sur les repères du Ministère de la Transition écologique et de la Fédération Française de Randonnée pour garder un protocole simple, sans me disperser.
Mon travail de Rédactrice spécialisée en voyage nature et activités outdoor pour magazine en ligne m’a appris à regarder la R-value avant le confort annoncé. Sur ce duo, le R3 restait plus léger au sol, mais le R4 gardait une réserve thermique plus nette quand l’humidité remontait. J’ai aussi vérifié la pression de gonflage, car un matelas un peu mou écrase les hanches et laisse passer le froid par conduction.
Avec ma Licence en tourisme durable (Université de Nice, 2015), j’ai voulu isoler trois choses, la conduction, les points de pression et la tenue au fil des heures. J’étais sûre de moi au départ, mais je voulais vérifier si le R3 passait seulement la première moitié de nuit. Je me suis retrouvée à comparer le bas du dos, les omoplates et les talons, parce que c’est là que le froid se loge d’abord.
Le jour où j’ai compris que le R3 ne faisait pas le poids sur sol humide
La première nuit humide avec le R3 a bien commencé. J’ai eu chaud au coucher, et pendant 1 h 30 je n’ai rien noté de gênant, juste le bruit sec des roseaux et l’air un peu lourd. Puis j’ai posé ma main sous le matelas, et j’ai senti une fraîcheur qui remontait déjà du sol, alors que le sac de couchage faisait son travail en haut.
À 3 h 04, je me suis réveillée avec les hanches froides et les épaules tirées vers le bas. Ce réveil à 3 h, la main posée entre le matelas et la terre froide, m’a fait comprendre que ce n’était pas l’air ambiant mais bien le sol humide qui volait ma chaleur. J’ai dû me recroqueviller deux fois avant de me rendormir, et je sentais le froid revenir par le dos.
Le lendemain, j’ai regonflé le R3 de six souffles, puis j’ai recommencé la nuit sur la zone humide. Le premier soir, je l’avais trop gonflé, et cette fermeté a écrasé mes hanches au lieu de les porter. J’ai cru que ça réglerait le point dur sous le bassin, mais le changement est resté mince, surtout sur le côté droit.
Au matin, j’ai noté une odeur légère d’humidité quand j’ai relevé le coin du R3. Le dessous était plus frais que je ne l’avais prévu, et la condensation du terrain avait laissé une trace nette sur la toile du dessous. Je n’avais pas anticipé cet effet, et j’ai compris que le matelas avait pris la fraîcheur du sol pendant toute la nuit.
Ce que le r4 a changé sur le même terrain, et ce que j’ai ressenti
Avec le R4, la même prairie humide m’a paru moins hostile dès le coucher. Je me suis sentie calée plus haut, avec une pression mieux répartie sous les hanches et moins de tiraillement dans les omoplates. La première heure n’a pas semblé spectaculaire, mais je n’ai plus guetté la remontée de froid comme avec le R3.
Au réveil, j’ai noté 11 °C sous le R4 contre 8 °C sous le R3, avec un dessous presque sec au toucher. À 6 h 15, je n’avais pas la même sensation de sol froid, et le bas du dos restait neutre au lieu de se glacer par petites touches. Le froid passait moins bien à travers le R4, et la différence se voyait surtout au petit matin, pas au premier contact.
Je me suis aussi appuyée sur les repères du Ministère de la Transition écologique pour garder le sol dégagé sous la tente, et cela a rendu la lecture plus nette. Avec le R4, je n’ai pas senti d’odeur d’humidité au réveil, et mon duvet a paru travailler plus plusieurs fois. J’ai retrouvé le même schéma que sur d’autres nuits fraîches en rando, où le dessous conditionne tout le reste.
Au toucher, le R4 n’avait pas l’air radicalement différent du R3. J’ai été frappée par le fait que la bascule n’apparaissait qu’après 4 h 20 de sommeil, quand le terrain avait vraiment refroidi. À ce moment-là, je n’avais plus les réveils brefs du R3, et je suis devenue très attentive à cette durée de tenue.
Ce que j’en retiens après ces nuits, pour qui c’est vraiment utile et où ça coince encore
Sur quatre nuits, le R3 m’a laissé deux réveils brefs et une vraie gêne au niveau des hanches, des omoplates et des talons. Le R4, lui, n’a pas bougé de la même façon, et j’ai gardé un sommeil plus continu près de l’étang du Vaccarès. Quand la nuit est tombée à 3 °C, j’ai vu la limite du R3 très vite.
Je ne tire pas de loi générale d’un seul terrain, car l’humidité du sol et le gonflage changent beaucoup la lecture. J’ai aussi vu qu’un duvet épais ne compense pas un dessous trop faible, et qu’une nuit seule ne suffit pas pour juger la bonne R-value. Si des frissons durent au réveil, je sors du cadre matériel et j’oriente vers un professionnel de santé.
Avec mon compagnon, sans enfants, j’ai trouvé le R4 plus logique pour des sorties d’avril sur terrain humide. Je le garde en tête quand je pars pour des nuits fraîches, ou quand je ne veux pas ajouter une mousse sous le matelas à chaque fois. Dans notre vie à deux, cette marge m’a paru plus confortable que de jouer au juste milieu.
J’ai aussi gardé l’option d’une mousse fine sous le R3, mais je n’ai pas eu la même tenue qu’avec le R4 sur sol humide. J’ai vu que le matelas seul ne règle pas tout, surtout quand la terre garde la fraîcheur de la veille. Même avec un duvet épais, la conduction du froid par un sol humide peut ruiner une bonne nuit si le matelas ne tient pas la durée. Je suis rentrée avec un verdict simple : à l’étang du Vaccarès, le R4 tient mieux la nuit, et le R3 reste adapté à un terrain sec et à une soirée plus douce.


